L’apport spirituel du café

L’apport spirituel du café

De Voltaire à Gainsbourg et son célèbre « Couleur Café », le noir breuvage en a inspiré plus d’un ! Méticuleusement intégré à la routine quotidienne de Beethoven, avalé sans mesure par Balzac ou encore vénéré par un Napoléon en exil, ils sont nombreux a avoir imaginé, disserté, philosophé ou joué une tasse à portée de main.

A chacun ses raisons, ses petites habitudes, ses péchés mignons. Parmi les plus éminents buveurs, amis de la démesure, Honoré de Balzac, auteur de « La Comédie humaine », et Voltaire, figure emblématique de la philosophie des Lumières.

Rendre claires les pensées brumeuses
Pour Balzac, qui s’attacha à décrire la substance dans son « Traité des excitants modernes » (1839), le café est un « torréfiant intérieur » qui se déguste noir et très serré. Aucun doute, l’auteur ultra prolifique est un puriste. Pour déjouer le sommeil et « entretenir pendant un peu plus longtemps les facultés cérébrales », il en boit sans compter, jour et nuit. Certains disent même que sa consommation quotidienne pouvait aller jusqu’à 50 tasses ! Amateur de sensations fortes, Balzac ira jusqu’à vanter les mérites du café pris à jeun, produisant « une sorte de vivacité nerveuse qui ressemble à celle de la colère : le verbe s’élève, les gestes expriment une impatience maladive ; on veut que tout aille, trottent les idées ; on est braque, rageur pour des riens, on arrive à ce variable caractère du poète tant accusé par les épiciers ; on prête à autrui la lucidité dont on jouit. ». On ne s’étonnera donc pas que cela ait finit par le consumer.

La faute à Voltaire ? Pas vraiment. L’auteur de « Zadig » avait lui l’estomac bien solide. Octogénaire et incorrigible, contre l’avis de son médecin, il en buvait toujours des dizaines par jour ! Il aimait se rendre dans les bars de Paris, y retrouver les collaborateurs de l’Encyclopédie et échanger autour de la boisson aux supposées vertus créatrices. Ainsi lança-t-il à son insu la mode des cafés, et plus précisément celle des cafés littéraires, rendez-vous incontournables des intellectuels, perpétuée plus d’un siècle après par les philosophes Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir au Café de Flore.

Grandeur et décadence


Au-delà du stimulus intellectuel et de la clarté d’esprit qu’il provoque, le café a eu aussi ses adeptes aux manies extravagantes. Le compositeur allemand Ludwig van Beethoven, par exemple, prenait le plus grand soin de préparer son café en y mettant le nombre exact de 60 fèves par tasse. Quant au compositeur et gastronome italien Gioachino Rossini, il ne consommait la précieuse boisson que dans l’unique but de se dédier à l’écriture de ses œuvres lyriques : « Le café, m’a-t-il dit, est une affaire de quinze ou vingt jours ; le temps fort heureusement de faire un opéra », nous raconte Balzac dans son « Traité des excitants modernes ».

Enfin, si pour certains la boisson populaire vise essentiellement à décupler sa propre puissance productive, pour d’autres comme l’empereur Napoléon 1er, l’amer breuvage rime plutôt avec douceur. Exilé à Sainte-Hélène après sa défaite de Waterloo en 1815, il déclara : « Le seul aspect positif de Sainte-Hélène, c’est le café. ». Un remède contre la solitude, peut être.

Vous vous pensiez accros ? Force est de constater à travers ces quelques anecdotes que vous ne l’êtes pas tant ! Alors, comme dirait Serge, « Couleur café, que j’aime ta couleur café », vous en prendrez bien un ?

Posté sur 24/03/2015 Histoire du café 0 2161

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